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ENTREPRENEURES

Sarah Martineau : avec sa startup Ideta, elle développe des chatbots pour les professionnels

Mathématicienne de formation, jeune ingénieur, Sarah Martineau a cofondé en 2017  avec 2 associés, sa startup Ideta  pour accompagner les entreprises dans leur digitalisation. Et les entraîne dans une nouvelle dimension : les chatbots. Vous connaissez ? Ce sont ces assistants virtuels qui communiquent avec les utilisateurs par le biais de la parole ou du texte grâce à l’intelligence artificielle(IA). S’il est difficile de passer à côté de cette technologie qui fait fureur dans  nos maisons, ou dans les magasins, les chatbots sont autrement plus précieux encore en entreprise. Ces robots mixent, analysent,  et rendent compte de toutes les conversations quel que soit le canal, texte ou voix. Ils font ainsi gagner un temps précieux dans l’entreprise à toutes les fonctions support, RH et commerciales notamment.

Faciliter les interactions dans l’entreprise

Sarah Martineau a créé Ideta pour aider les entreprises à prendre le tournant de cette nouvelle tendance  avec une conviction forte. « A l’avenir, plus de 80% des entreprises utiliseront des agents conversationnels pour leurs clients, dit-elle mais aussi créer des interactions en interne. » Elle cite volontiers l’exemple des chatbots qui prennent  la relève dans la gestion fastidieuse de tâches répétitives pour les ressources humaines. Combien de jours de congés me restent-ils ? Quel est mon solde de RTT ? Comment ouvrir un compte épargne temps ? Comment remplir ma note de frais ?… Voilà les questions gérées au quotidien par les services RH, et qui les encombrent. « Les chatbots permettent  de les assister pour leur laisser le temps de se consacrer à des tâches hautement plus qualitatives », note-t-elle …

Trois associés pour un projet

Sur ce secteur en pleine croissance, la jeune entrepreneure s’est lancée  avec ses deux associés Laurent Guy et Yannis Kerdjana : elle les a rencontrés sur un «hackaton». Ensemble ils avaient déjà gagné 10 précédents concours; elle a gagné le onzième. « On a trouvé plus rationnel de s’associer pour en gagner encore plus»,dit la jeune femme en riant.

« Le futur sera conversationnel »

Pour qui sait coder, l’usage des algorithmes est infini. Le parcours exceptionnel de Sarah Martineau en témoigne. « J’ai très tôt souhaité prendre part à la révolution des données et de l’automatisation, dit-elle. Et j’ai toujours voulu appuyer mes décisions et mes recommandations sur des preuves quantitatives solides. » Sarah a ainsi commencé sa carrière par le trading algorithmique (des modèles mathématiques prédictifs) pour des fonds financiers. Elle travaille aussi sur de la modélisation économétrique et de l’aide à la décision pour des grands groupes : Axa Suisse, Direct Assurance, Renault, Air France, Look Voyages, Google France….

Des recommandations ciblées

Puis elle s’est orientée vers le conseil en stratégie marketing. Elle a travaillé successivement sur des problématiques d’optimisation média pour la publicité, sur la prédiction de ventes, se forgeant une opinion: elle milite pour une interaction plus souple avec les clients et les usagers «Pour être efficace, la publicité, le contenu, doivent être personnalisés et consentis par le client. Sans tracker, ni cookies, la conversation permet d’interagir et de comprendre le besoin immédiat du client. Les recommandations ne sont donc plus basées sur une donnée passée, obsolète mais sur une envie réelle.» Forte de ce constat, elle est persuadée que le futur sera conversationnel. Reste à trouver la bonne brèche….

Un chef d’orchestre autonome

Jusqu’au jour où elle a l’intuition de pouvoir créer un logiciel différent pour les plateformes conversationnelles. Son projet ? Créer un chatbot qui resterait la propriété du client mais qui pourrait évoluer avec le temps. Plus besoin d’assistant vocal,  la plateforme collaborative IDETA permet comme tout bon chatbot de déployer un conseiller, un vendeur, un recruteur virtuel sur n’importe quel canal de communication. Mais avec un avantage particulier : l’entreprise qui choisit cette plateforme, conserve toute son indépendance dans le choix et la gestion de ses data et de son code. Et elle peut continuer de dialoguer sur n’importe quel canal, comme Messenger, SMS, Slack, Wechat, Skype business,… Elle peut aussi utiliser un serveur vocal comme Google Home. » Avec notre solution, poursuit Sarah Martineau, l’entreprise peut passer facilement d’algorithmes Open Source  aux formules propriétaires de Google, IBM ou Microsoft. Avec une spécificité : le code que nous développons pour elle, selon ses besoins, lui appartient. Et elle profite d’une maintenance ouverte, et sa plateforme permet l’accueil de nouveaux intervenants. C’est comme dans un orchestre : on peut choisir ses  musiciens. »

Une demande en croissance

Et la demande est forte :  » On a commencé par des petites startups. Maintenant Ideta travaille aussi avec des grands comptes », poursuit Sarah Martineau. Les cas d’usages sont multiples. Elle cite volontiers l’exemple de l’assistant virtuel présent sur l’Intranet de plusieurs grands clients. Son rôle consiste à conseiller les collaborateurs du groupe sur des problématiques liées aux applications bureautiques, au poste de travail, aux questions RH et aux services pratiques. Ainsi, plus besoin de décrocher son téléphone ou de remplir un formulaire. Les collaborateurs posent leur question librement dans la messagerie interne de l’entreprise (Skype Business, Slack, Google Hangouts, Workplace…). Et le bot va leur répondre instantanément. « D’ici 5 ans, affirme la jeune CEO, 80% des applications mobiles n’existeront plus et seront remplacés par des chatbots. »

Levées de fonds

D’abord prise en charge au sein du Réseau Entreprendre Paris, IDETA est aujourd’hui accélérée par « Le Village by CA ». Tout n’est pas tracé pour autant pour la startup. Pour développer Ideta, ses fondateurs ont dû lever 700 000 euros en 2018. Leur ambition ? Lever entre 2 et 3 millions d’euros en 2019. Et optimiser l’ergonomie de la plateforme, pour en faire un outil plus accessible. « Aujourd’hui, ce sont majoritairement les développeurs qui prennent en main notre solution dans une entreprise. Mais on aimerait que d’autres au sein de l’entreprise, par exemple au marketing, qui ne s’y connaissent pas forcément, puissent l’utiliser à certaines étapes du développement. ». Du pain sur la planche …

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