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Stéphanie Gottlib-Zeh: du pétrole au sport, et toujours par la case startups
ENTREPRENEURES

Stéphanie Gottlib-Zeh: du pétrole au sport, et toujours par la case startups

En 2000, à 27 ans, elle avait lancé sa première startup TechSia, pour commercialiser son propre logiciel  permettant une meilleure reconnaissance des gisements pétroliers. Déjà, une aventure hors normes. Aujourd’hui, loin des hydrocarbures, Stéphanie Gottlib-Zeh vient de créer un club d’investisseurs  pour accompagner des projets innovants dans le sport. Sacré trajet pour cette fille du Sud, docteur en géophysique, qui a toujours su écouter son instinct.

Techsia:  histoire d’un succès dans le pétrole

Du pétrole au sport : le seul lien, c’est cette passion innée de Stéphanie Gottlib-Zeh pour les challenges. «J’ai vendu TechSia à Schlumberger 7 ans après sa création, et j’y suis restée, pour continuer à développer et manager l’activité « software et nouvelles technologies » du Groupe. Et puis, au bout de 15 ans, j’avais envie d’autre chose ». Elle démissionne, et se tourne vers un tout autre secteur : le sport. « Je voulais partager mon savoir-faire avec d’autres start-ups », dit-elle sobrement.

Tout commence donc par un pari fou, pour cette jeune doctorante qui ne « trouvait pas sa place » dans les carrières classiques. Georges Frêche, le maire de Montpellier, venait de créer une pépinière d’entreprises. Stéphanie Gottlib-Zeh saisit cette chance, pour implanter en 2000 sa société TechSia, avec 2 associés, sur le site de Cap Alpha, la pépinière de l’agglomération montpelliéraine. « C’est toujours le deuxième plus grand incubateur de France », aime-t-elle rappeler.

Schlumberger fait de Techsia sa tête de pont dans le software

Cinq ans plus tard, TechSia s’est renforcée de deux filiales à Houston (Etats-Unis) et Mascate (Oman), réalise 18 M$ de chiffre d’affaires dont 95 % à l’export, grâce à ses contrats avec toutes les majors du pétrole et compte plus d’une soixantaine de collaborateurs. L’exploit n’échappe pas à Schlumberger : la multinationale lui fait, en 2009, une proposition de rachat « qui ne se refuse pas », dit-elle en riant. Fidèle, la jeune trentenaire reste piloter le développement  de Techsia qui continuera d’opérer sous son nom : Techsia devient la tête de pont d’un pôle d’excellence   «de logiciels d’analyse et d’interprétation pétrophysiques appliqués à l’exploration des gisements et à leur exploitation». En clair : mieux gérer les  flux d’informations entre le puits et le réservoir pour aider à une meilleure économie de la  chaine de production.

Une nouvelle aventure dans le Sport-tech

Quand elle choisit de quitter Schlumberger voilà deux ans,  Stéphanie Gottlib-Zeh est responsable ainsi du département des nouvelles technologies et du software du groupe. « Je voulais accompagner de nouvelles aventures, de jeunes startups,  partager mon expérience».

Elle repart d’une page blanche. Sportive, elle se tourne donc vers un secteur où les data et les technologies  abondent et vont demain réinventer les services et les équipements. Le « sport-tech », le sport associé à al technologie,  offre un formidable terrain de jeu pour une entrepreneure comme elle. Elle crée Agileo Sport, un «véhicule d’investissements» qu’elle préside, destiné à financer et accompagner des projets innovants liés au sport : une structure associative d’une trentaine de business angels  auxquels elle propose une sélection d’investissements en Europe et à l’international. « 60 à 70 % de nos financements se feront sur le territoire français », tempère Stéphanie Gottlib-Zeh, qui  table sur des tickets d’entrée variant de 200 k€ à 2 ​M€.

Et pour l’ancrer vraiment  dans le monde du sport, la jeune entrepreneure a entrainé dans son association les handballeurs Thierry Omeyer et Kentin Mahé, ou encore les rugbymen Pierre Rabadan et Robins Tchale-Watchou et enfin l’ancien sprinteur Bruno Marie-Rose, aujourd’hui responsable de l’innovation au COJO Paris 2024. Bien sûr, en bonne «Sudiste», elle a fait entrer dans son club, de solides  entrepreneurs montpelliérains comme, Christophe Carniel (Vogo), Thomas Voisin (Invivo), Bertin Nahum (Medtech Surgical), Karine Puget (Genepep), Carine Gourbail (son ancienne associée chez Techsia). Le très Parisien Henri Seydoux, président du concepteur d’objets connectés Parrot, fait presque figure d’iconoclaste dans ce petit cercle, qui s’élargit avec l’arrivée d’entrepreneurs étrangers et dernièrement, des family offices.

South Pigalle : le premier investissement

Agileo Sport a déjà investi dans une première société, South Pigalle : une plateforme d’intelligence artificielle et conversationnelle, spécialisée en marketing digital. L’association serait sur le point de boucler un investissement dans WingPact,  société basée à Washington DC,  qui se présente comme l’inventeur d’une mousse brevetée, capable de résister à tous les  chocs, dans les sports de combat ou à fort impact (football américain, baseball, rugby,…)  comme dans l’industrie automobile ! Wing Pact propose sa «mousse» révolutionnaire  pour renforcer l’habitable de nos voitures ou offrir à l’armée une meilleure protection des casques de soldats.

Toujours engagée, Stéphanie Gottlib-Zeh continue d’être une formidable ambassadrice du Sud de la France et de ses qualités entrepreneuriales : toujours basée à Montpellier, elle est entrée au conseil d’administration du « cluster numérique régional », French South Digital. Elle siège aux boards de plusieurs  start-ups dont celles où elle investit, de South Pigalle à Vogo, une jeune plateforme de diffusion d’évènements sportifs, qui offre aux fans une expérience enrichie. Trop remplie, la vie d’une business angel comme Stéphanie ?  Pas sûr ! A ses moments perdus, elle enseigne à Stanford. Loin donc de Montpellier.

 


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