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Reconstruire les vivants : une startup à Dubaï
INNOVATIONS - Non classé

Reconstruire les vivants : une startup à Dubaï

Drapées dans leurs robes traditionnelles brodées, très souriantes, Ashwaq et sa belle-sœur sont venues à Paris pour défendre un concept pratiquement unique dans le monde arabe: un centre d’esthétique, proche de la reconstruction faciale : pour des hommes, et plus souvent pour des femmes abîmées, par des accidents ou par des attaques à l’acide. Pour eux, pour elles surtout, Ashwaq Hassan Al Hashmi  a choisi de se reconvertir voilà déjà près de 20  ans, créant une start-up tout à fait particulière, à mi-chemin entre l’art et l’ergonomie, pour leur rendre un visage.

Kinésithérapeute auprès de l’hôpital public de Dubai, elle découvre avec fascination les talents de modelage des spécialistes qui travaillent au centre de reconstruction chirurgicale et choisit en 1999 de  demander une formation spécifique pour suivre leurs traces. Elle qui a étudié également l’administration des affaires à Dubaï, aux Émirats arabes unis, devient apprentie chez Daril Atkins à l’hôpital Rashid de Dubaï.  Après quelques années d’exercices, elle créée en 2014, grâce à des fonds d’aide publique aux TPE, son « centre d’art prothésiste», le Omnniyati Prosthetics Art Center.

Sculpteuse médicale

Au milieu des stands de la 3e édition de la conférence de « ChangeNow », parmi les startups venues pour pitcher et défendre leur innovation pour rendre la planète un peu meilleure, c’est  un drôle de choc de découvrir cette entreprise très différente des autres, capable de concevoir et fabriquer des prothèses esthétiques faciales, oculaires, maxillo-faciales adaptées à chacun. En plus de 12 ans, elle a pu remodeler les visages de près de 5000 personnes, venues essentiellement d’Orient, de l’Inde, du Pakistan et des pays voisins. « Grâce à ce travail, beaucoup peuvent à nouveau affronter le regard des autres. Mes patients m’écrivent : certaines ont même accepté des demandes en mariage», sourit Ashwaq qui se présente comme «sculpteuse médicale » .

« En arabe, « Omniyati » signifie « mon désir », » explique Ashwaq qui  veut répondre au plus près aux souhaits de chacun avec des prothèses adaptées : «On fait autant d’essais que nécessaire » assure-t-elle. Fière de son succès, elle ne cesse d’innover avec des approches novatrices pour servir ses patients de la meilleure façon possible. Elle collabore par exemple avec des fabricants de lunettes allemands pour améliorer ses prothèses oculaires, et travaille sur de nouvelles couleurs, de nouvelles  matières, proches du silicone,  pour fabriquer des prothèses pour les membres perdus, pieds ou mains.

Résilience

Le centre aujourd’hui fournit même des modèles d’anatomie pour les écoles de médecine bien sûr, mais aussi pour le cinéma, souvent sur des demandes particulières. Plus proche de ce que fait le centre, au cœur du travail quotidien de reconstruction,  le documentaire «Saving face» (littéralement : « sauver la face ») de Daniel Junge et Sharmeen Obiad, qui a reçu un Oscar en 2012, suivait la difficile reconstruction des femmes vitriolées au Pakistan. Il montrait le  travail délicat du chirurgien plastique, le Dr Mohammad Jawad,  complété par la collaboration étroite de deux prothésistes esthétiques: Daril B.Atkwins et   Ashwaq Hassan Al Hashmi. Bel hommage à un incroyable parcours d’aide à la  résilience.

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