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My Sezame sème l’innovation sociale dans les entreprises
ENTREPRENEURES

My Sezame sème l’innovation sociale dans les entreprises

L’ambition de Laurence Grandcolas, jeune trentenaire, est claire : Contribuer à transformer l’entreprise, et guider des managers éclairés vers une économie plus vertueuse, à travers l’entreprenariat social. C’est ce chemin têtu qui a conduit Laurence Grandcolas à créer une startup «My Sezame» en 2016 pour jeter un pont entre des sphères qui s’ignorent le plus souvent. Entre le monde associatif, l’économie sociale et solidaire et l’entreprise, Laurence Grandcolas veut tisser des liens, persuadée que ces mondes ne peuvent se passer les uns des autres, et doivent se nourrir de projets croisés pour se transformer, et créer ensemble un impact positif, une empreinte durable.

My Sezame est ainsi la première startup à façonner et proposer des formations pour des managers sur l’innovation sociale et sur l’Économie Sociale et Solidaire (ESS), avec travaux pratiques à impact immédiat puisque les séminaires incluent des ateliers de réflexion sur de nouveaux projets au cœur de l’entreprise. Des parents engagés dans l’humanitaire et plus de dix ans d’immersion dans l’innovation sociale ont en effet convaincu la fondatrice de My Sezame, qu’il fallait sortir d’une approche manichéenne opposant business et entreprenariat social. «Performance économique et engagement social doivent aller de pair», affirme-t-elle. Preuves à l’appui, distillées tout au long de ses formations. Le succès de Siel Bleu, entreprise de coaching  qui mise sur la prévention par le sport, http://www.sielbleu.org/ ou le  retournement de la CAMIF qui a relocalisé 75% de sa production en France,  relèvent de ce cercle vertueux.https://www.camif.fr/

Aujourd’hui, My Sezame a tout d’une grande, se lance déjà dans des formations communes avec l’ESSEC, et s’appuie sur un réseau d’entrepreneurs engagés et militants, la naissance de la startup est le résultat d’un cheminement beaucoup plus long.

 Un parcours atypique

Sortie de HEC, Laurence a dévié très tôt d’un parcours classique. Elle travaille d’abord pendant 5 ans pour un grand cabinet de conseil en stratégie , Bain &Cie, mais elle crée en parallèle, en 2006, une ONG, Action Solidarité pour Pays Oubliés (ASPO)  au cœur de deux bidonvilles d’Oulan Bator. «ASPO est née d’une approche à 360 degrés : formation, hygiène, nourriture, on essaie de travailler sur tous les aspects du quotidien. », explique-t-elle. https://www.petitfute.com/v17231-paris-75010/c1122-voyage-transports/c1276-solidarite-etudes-travail/c1022-etre-solidaire/1542614-action-solidarite-pays-oublies.html

Douze ans plus tard, ASPO qui a employé jusqu’à 7 salariés sur place, a créé  deux écoles dans ses quartiers désolés d’Oulan Bator , un atelier couture, une formation aux métiers du maraichage, une maison connectée, et a reproduit le modèle au Togo où l’association s’est déplacée après ce premier succès.

Tiraillée, avoue-t-elle, entre sa vie de cadre et son engagement humanitaire, la jeune femme explore le monde associatif, à la recherche d’un lieu pour concilier ses convictions,  avant de rencontrer Arnaud Mourot, le directeur Europe  du très important réseau d’entrepreneurs sociaux,  Ashoka. Début 2010, elle quitte Baines pour prendre la co-direction France d’Ashoka  qu’elle développe à grande allure pendant 6 ans. https://www.ashoka.org/fr/collection/ashoka-plus-grand-r%C3%A9seau-mondial-dentrepreneurs-sociaux

« C’était une très belle expérience, mais j’avais envie de sortir  de fonder autre chose, de rapprocher vraiment les entreprises dites « classiques » de l’innovation sociale, de porter la question de la transformation au sein même de groupes éloignés en apparence du sujet social et sociétal».  Affichée au mur une citation d’Emmanuel Faber, le P-DG de Danone, lors d’un discours à HEC, vient rappeler ses références : «L’économie sans le social, c’est de la barbarie. Le social sans l’économie, c’est de l’utopie». http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/danone-emmanuel-faber-expose-sa-vision-sociale-de-l-entreprise-7790817692

Créer des passerelles

My Sezame est née en 3 semaines sur une inspiration, mais Laurence rappelle tous les soutiens dont elle a bénéficié : « J’étais épaulée par un board, que j’ai créé fin 2015 ;  j’ai été hébergée par un incubateur, soutenue par du « love money » – 85.000 euros de fonds-, et  par le Réseau Entreprendre ».  L’idée directrice ? Créer des passerelles et des leviers pour susciter l’innovation sociale au sein même des entreprises, favoriser et accompagner l’intraprenariat. Pour sa mise en oeuvre, elle choisit de décliner le concept autour de 3 critères: aider à comprendre les nouveaux modèles, créer du réseau, et un appui à la mise en action. Dès le mois de février 2016, elle lance un programme pour tester l’appétence des groupes à cette nouvelle idée. Et cela marche ! Officiellement abritée dans une structure juridique en mars 2016, My Sezame crée dans la foulée, un club pour accueillir les premiers contrats de groupes prêts à jouer la carte de l’innovation par l’intraprenariat, ou par les échanges inter-entreprises. Generali, Accenture, Bouygues, L’Oréal sont les premiers adhérents du club pour développer leurs talents internes. « Aujourd’hui, dit Laurence, on est à l’origine du design de programmes innovants au sein de ces groupes. On est vraiment là pour faire naître l’idée de départ. On peut avoir jusqu’à 50 managers sur un projet, qui est défini par  un jury,  puis on travaille avec les métiers pour l’implantation de ce projet, en partenariat avec des gens plus opérationnels que nous, une fois l’idée dessinée : cabinets de conseil en RSE ou en innovation sociale».

Prudente, Laurence Grandcolas n’a pas suscité pour l’instant,  de nouvelle  levée de fonds pour My Sezame, qui l’aurait obligée à céder une partie du capital. Son premier exercice lui a permis de bénéficier d’une trésorerie de 100.000 euros : elle s’estime dans une bonne zone de confort, et ne veut pas voir sa startup « trop» grandir pour rester plus à l’affût du sens de ses choix que de son chiffre d’affaires.  Avec une équipe de 7 personnes, 5 salariés et  2 stagiaires, elle ne vise pas une taille supérieure à plus de 15 à 20 personnes.

Des exemples inspirants.

Accueillie au sein de l’Innovation Studio «School Lab» au cœur du Sentier à Paris, My Sezame évolue déjà, et en partenariat avec à la chaire Innovation et Entrepreneuriat social de l’Essec Business School  lancer une nouvelle formation enrichie http://my-sezame.fr/interview-de-laurence-grandcolas/. Le cursus inclut quatre journées d’immersion dans des lieux d’innovation parisiens dont la Recyclerie, Les Canaux et Station F. Non pas pour le «fun» ou le frisson social, mais pour faire vraiment bouger les lignes. Et pour montrer qu’aucun secteur n’est à l’abri de bonnes surprises elle cite volontiers  l’exemple de Compte Nickel, créateur d’une banque parallèle pour les «  laissés pour compte » au sens littéral du terme, racheté récemment par BNP Paribas.

Début 2017, Laurence Grandcolas écrivait ainsi sur le site «Socialter» un billet optimiste http://my-sezame.fr/mysezame-socialter-choisissons-loptimisme/: « On nous fait peur. Sur la société qui nous attend, sur les bouleversements de nos métiers, sur notre capacité à nous, les plus de 35 ans à faire face, à s’adapter (…) nous qui allons subir le tsunami des Z…Et si nous faisions le choix collectif de dire non à la peur ? Le choix difficile de l’optimisme ? Et si nous décidions d’être nous, les acteurs du monde de demain ? ».

Aujourd’hui, dans la droite ligne de ce qu’elle professe, elle innove encore, et s’associe à une autre start-up, Gymglish,  pour lancer une expérience de micro-learning en ligne sur l’innovation sociale. …Même pas peur !

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